La profession de comptable sous la loupe

Une pression fiscale qui s’intensifie, une législation qui change trop rapidement, beaucoup de stress, des clients qui ne sont pas bien formés et qui, de plus, ne paient pas toujours les honoraires dus, … La vie d’un comptable n’est manifestement pas toujours facile. Même si des points positifs peuvent être mentionnés. C’est ce que révèle en tout cas une enquête de l’IPCF.

A l’occasion de son vingtième anniversaire, l’Institut professionnel des Comptables et Fiscalistes agréés (IPCF) a  mené une enquête à laquelle ont participé plus de 1.500 comptables(-fiscalistes), soit un quart des membres de l’IPCF.
Et les résultats sont intéressants et parfois surprenants.

Les indépendants ne disposent pas de connaissances suffisantes en gestion

70% des comptables(-fiscalistes) agréés estiment que leurs clients ne disposent pas de connaissances suffisantes en gestion. Or la gestion est à l’heure actuelle essentielle lorsqu’on démarre une activité. Beaucoup d’indépendants tombent des nues lorsqu’on leur dit qu’ils doivent établir un business plan ou qu’une déclaration T.V.A. n’est pas facultative. Les  “clients boîte à chaussures” comme on les appelle parfois ne constituent pas un phénomène nouveau. Mais il est indéniable que le climat économique actuel est difficile et qu’une activité qui, autrefois, tournait toute seule nécessite désormais davantage de planification. Un indépendant doit avoir une stratégie et être capable de convertir ses idées en chiffres. Et c’est ce qui manque aux indépendants, selon les comptables. La solution ? Intervenir au cœur du problème, c’est-à-dire au niveau des centres de formation. Les professionnels du chiffre et les centres de formation doivent se mettre autour de la table et tenter de déceler les améliorations possibles afin que les indépendants disposent de solides connaissances en gestion et puissent diriger au mieux leur entreprise.

Le comptable, un spécialiste du marketing ?

L’Europe autorise, dans une certaine mesure, le recrutement actif de clients, ce qui n’effraie pas les comptables(-fiscalistes) (56%). Mais pourtant, 68% des membres de l’IPCF ne disposent pas d’un site internet et pas moins des trois quarts n’utilisent pas de médias sociaux pour faire connaître leurs activités professionnelles.

De plus, dans le cadre du changement de rôle du comptable (de professionnel du chiffre à conseiller) et des changements dans le modèle de prix  (le tarif horaire a-t-il encore un avenir ?), le marketing prend de l’importance et un budget marketing devient une nécessité. 

Plus de la moitié des comptables sont du reste persuadés que le comptable généraliste disparaîtra et qu’il devra se spécialiser. La matière devient en effet de plus en plus compliquée. 63% pensent que le comptable qui travaille seul disparaîtra lui aussi. Collaborer au sein d’un réseau, tel est l’avenir de la profession. 

La maladie de l’époque : le stress

Il est indéniable, et l’avis des comptables en la matière est unanime, que la pression fiscale ne cesse d’augmenter. Les contrôles fiscaux sont plus sévères. La monstrueuse taxe de 309% pend comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête des clients et donc aussi du professionnel du chiffre de service. 
La législation évolue de plus en plus vite. Pensons par exemple au calcul de l’avantage de toute nature afférent aux voitures de société. Combien de fois cette réglementation n’a-t-elle pas été modifiée au cours de l’année passée ?
Les délais serrés – les professionnels du chiffre disposent p.ex. cette année de deux semaines de moins pour introduire les déclarations à l’IPP de leurs clients – et le besoin croissant de conseils mettent également la pression. 

Il n’est dès lors pas étonnant que les professionnels du chiffre soient stressés. 64% des comptables déclarent même avoir besoin de formations en gestion du stress et du temps.

N’y a-t-il donc que des mauvaises nouvelles ?

La qualité des applications électroniques de l’administration,  telles que Tax-on-Web, Biztax et Intervat, s’est clairement améliorée ces derniers temps. 60% en sont convaincus.
Il s’agit là sans conteste d’un point positif.

De plus, le métier de comptable ne reste-t-il pas une belle profession au cœur de l’économie ? Le pilier du petit indépendant mais aussi des grandes multinationales. Et n’est-ce pas un défi d’être le conseiller privilégié et le confident du client et de planifier avec lui une stratégie à long terme ?

Publié 03-07-2013

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