L’enquête du ITAA: "les experts-comptables en ont assez des tracasseries administratives !"

Publié 08-11-2019

 

L’ITAA, l’Institut qui représente quelque 15 000 professionnels économiques, a cartographié au moyen d’un questionnaire récemment clôturé les activités auxquelles se consacrent ses membres. La réglementation complexe et en perpétuel changement, mais aussi les problèmes de numérisation causés par l’instabilité des plateformes des autorités génèrent à l’évidence une charge de travail inutile. Les cabinets sont également confrontés à la difficulté de trouver des professionnels expérimentés. « La simplification administrative est réclamée à grands cris dans tous les volets de l’enquête », explique Bart Van Coile, président de l’ITAA. « Nous applaudissons le fait que ce point ait été repris dans les différents accords de gouvernement. En tant qu’experts, nous savons précisément quelle approche adopter “sur le terrain” et nous sommes disposés à aider les décideurs politiques dans cette tâche. »

(Sur)charge administrative

Le registre UBO et la législation anti-blanchiment (et leur complexité) sont pointés comme première cause de problèmes.

La numérisation n’est citée comme un fardeau que dans un cas sur quatre, mais de nombreux sondés ont néanmoins pris la peine d’expliquer que les fréquentes défaillances des diverses plateformes des autorités et les reports supplémentaires, systématiquement annoncés en retard, entraînaient une charge de travail inutile.

Même si la formation continue fait partie de la profession, les réformes législatives incessantes font peser une lourde charge sur les épaules des professionnels. Le RGPD et le nouveau CSA sont particulièrement ressentis comme de gros bouleversements.

L’autofiscalité, peu plausible pour des confrères étrangers, a été fustigée à plusieurs reprises en raison de son absurdité.

L’avenir de la profession

Bon nombre de membres déplorent l’attitude des médias, qui insinuent très souvent que la profession de « comptable » — les experts-comptables et les conseils fiscaux sont fréquemment regroupés sous ce vocable — est appelée à disparaître. Or, le questionnaire montre clairement que les entreprises ont plus besoin d’aide qu’auparavant. Au vu de la complexité de la législation, les chefs d’entreprises confient de plus en plus de dossiers à leur personne de confiance, l’expert-comptable ou le conseil fiscal. Ils s’adressent à lui pour des questions qui n’ont parfois même pas grand-chose à voir avec la gestion de l’entreprise, comme les questions relatives aux bourses d’études ou à l’ONEM.

Face à l’incertitude économique causée par la multitude de formalités administratives, le chef d’entreprise doit être épaulé dans les décisions d’investissement, ce qui amène le professionnel à jouer pour ainsi dire le rôle de CFO externe et à aider le chef d’entreprise de manière proactive dans la résolution des problèmes. Sa tâche s’alourdit, non seulement sur le plan administratif, mais aussi sur le plan intellectuel. Cette évolution rend la profession plus passionnante et intéressante, mais également beaucoup plus complexe, ce qui exigera du professionnel économique de demain qu’il développe d’autres compétences.

 

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Pénurie de professionnels

Sur les 65 % des sondés qui disposent d’un personnel, près de la moitié ont des postes à pourvoir. En outre, 20 % prévoient des postes vacants d’ici peu. Un tiers d’entre eux prédit devoir chercher de nouveaux candidats dans les 6 mois à venir. Tous les autres s’attendent à devoir le faire dans l’année.

Pour presque 70 % des postes à pourvoir, les profils recherchés sont des professionnels expérimentés, suivis des jeunes diplômés, à raison de 17 %. Seuls 2 % des cabinets recherchent spécifiquement des profils IT.

Causes de cette pénurie

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